Françafrique : Le Monde goûte la tarte à la crème hollandaise

Vincent Delong
Vincent est un chroniqueur récurrent d'Inactuels....
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Test description sur deux lignes si tout va bien | Crédit photo
Test description sur deux lignes si tout va bien | Crédit photo

Utile. C’est ainsi que l’éditorial du Monde qualifie la première tournée en Afrique du président Hollande. Utile, au regard de la polémiques (franco-française) née du discours de Dakar. Utile surtout son « plaidoyer en faveur des démocrates » que nul chef d’Etat occidental avant lui n’avait sans doute osé prononcer.

Faut-il accabler les journalistes du Monde qui, pour une fois, résistent à la tendance lourde de l’acharnement médiatique contre les figures de l’exécutif (hier Nicolas Sarkozy, aujourd’hui François Hollande) ? Ils ont en tout cas réussi le tour de force de faire d’une tournée sans saveur ni symboles, une « visite utile ».

Utile à quoi ? Tout d’abord à laver le crime sarkozyen du discours de Dakar, où l’ancien président de la République avait appelé les Africains à « d’avantage entrer dans l’Histoire ». Les anthropologues peuvent ergoter du bien-fondé de cette citation, mais les remous qu’elle a suscité dans les salles de rédaction françaises tiennent plus du registre de la névrose sado-masochiste que de quoi que ce soit d’autre.

Utile donc la visite de François Hollande en Afrique parce que le nouveau locataire de l’Elysée s’est bien gardé d’aborder quelque sujet que ce soit… se contentant des sempiternels discours fleuris à l’universalisme et à l’humanisme.

Mais le président ne s’est pas contenté de gommer par ses silences le fracas du discours de Dakar, il a également à en croire Le Monde, décidé d’en « finir avec le paternalisme et les magouilles de la Françafrique« . Une ambitieuse déclaration d’intention… que François Mitterrand, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy avant lui s’étaient empressés de faire tant la Françafrique sent la fange des deux côtés de la Méditerranée.

Que retenir dès lors d’une visite en Afrique dont le point d’orgue aura été la présence de François Hollande au sommet de la Francophonie de Kinshasa, sur les terres de Joseph Kabila… image s’il en est des résurgences atrophiées du système de la Françafrique.

Une « étape exemplaire » s’enthousiasme d’ailleurs Le Monde, où « face à face, en terre kinoise, le Français a redit à son homologue congolais tout le mal qu’il pense de sa façon de gouverner et de maltraiter les droits de l’homme »… se gardant bien dans sa grande exemplarité de dénoncer publiquement les exactions du maître de la RDC.

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