Sarkozysme : l’éloquent éloge funèbre de Libération

liberation_sarkozy_fn Patrick Peccatte

Nicolas Sarkozy aura été et demeure l’incarnation du Mal politique : les crispations identitaires des « petits blancs », c’est lui ; la politique spectacle, encore lui ; les affaires, toujours lui. A en croire Libération, l’état actuel de la droite française et même du pays, est une conséquence des « défaites » du sarkozysme. Quitte à tordre la réalité.

Tout commence par une interprétation juridique pour le moins osée de l’éditorialiste Eric Decouty pour qui la non mise en examen de Nicolas Sarkozy (et même sa simple audition par un juge comme un simple justiciable) demeure un discrédit qu’il semble le seul à voir : 

« Le sarkozysme est mort. Dans le cabinet d’un juge d’instruction et dans l’explosion, en direct, du premier parti de droite. Cette pratique politique construite sur la rupture avec Jacques Chirac – le pragmatisme idéologique et l’hégémonie de l’UMP sur l’ensemble de la droite et du centre – s’est fracassée sur le réel. Nicolas Sarkozy, qui avait réussi à faire croire qu’il se distinguait de son ancien mentor par un autre sens de la moralité publique, est, à son tour officiellement impliqué – sous le statut hybride de «témoin assisté» – dans un dossier de financement politique.« 

Alors que les observateurs et les juristes admettent que le statut de témoin assisté est une victoire juridique pour Nicolas Sarkozy, le journaliste parvient, avec sa formule alambiquée et pleine de sous entendu (à son tour officiellement impliqué – sous le statut hybride de «témoin assisté» – ) à faire croire au lecteur lambda qu’il s’agit d’une mauvaise situation pour un Sarkozy qui serait sur le point de se faire serrer comme un vulgaire criminel.

« Voir l’ancien président obligé de s’expliquer durant près de douze heures marque la fin d’une illusion. D’autant plus que d’autres rendez-vous judiciaires se profilent. Il est presque cocasse de regarder, au même moment, ses héritiers plus ou moins déclarés se déchirer et faire voler en éclats l’UMP. Que François Fillon, unique Premier ministre du quinquennat de Sarkozy, et Jean-François Copé, le meilleur plagiaire de l’ancien président, soient les principaux acteurs de cette tragicomédie politique atteste de la fin d’une époque. La dérive vers l’extrême droite, largement entamée lors de la campagne présidentielle, signe enfin l’acte de décès de ce sarkozysme qui avait promis de réduire le Front national à un moignon, pour finir par assurer sa promotion jusqu’à en faire, potentiellement, le premier parti d’opposition et le référent idéologique de la droite. L’échec de Nicolas Sarkozy à la présidentielle est aussi la marque de ces trois défaites – morale, politique et idéologique – qui l’accablent aujourd’hui.« 

Plus que de la malhonnêteté intellectuelle, c’est l’aveuglement militant du journaliste qui dérange. A vouloir associer coûte que coûte deux situations qui n’ont rien à voir (l’implosion réelle de l’UMP et la mise en cause judiciaire fantasmée de Nicolas Sarkozy), l’éditorialiste martèle contre-vérités et syllogismes.

Et dire que certains idiots croient encore que les évènements de la fin de semaine dernière seraient autant de bonnes nouvelles pour un Nicolas Sarkozy qui verrait se désengorger la voie vers une possible candidature en 2017….

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