Guardiola : « Tuer des milliers d’innocents me blesse, toujours »

L’entraîneur du club de football anglais de Manchester City s’est une nouvelle fois élevé la semaine dernière, contre les violences qui secouent actuellement plusieurs régions du monde. Le dernier exemple en date de son engagement pour les causes humanitaires.

Pour la première fois en dix ans à la tête de Manchester City, Pep Guardiola a été questionné, mardi 3 février, sur ses prises de position humanitaires. Une interrogation qui a libéré la parole de l’entraîneur catalan, visiblement ému et résolu à exprimer son indignation face aux violences de masse qui ravagent plusieurs régions du monde.

« On dirait que vous, les médias, n’avez pas le droit de le faire dans le cadre de votre travail, je ne sais pas », a-t-il lâché dans un soupir, avant de se lancer dans un long plaidoyer empreint de passion.

« Mais y a-t-il quelqu’un qui voit ces images du monde entier – les guerres – et qui reste insensible ? Il ne s’agit pas de savoir si l’on a raison ou tort. Chaque politicien, de droite comme de gauche, peut avoir ses idées. Il y a des choses qui se passent chaque jour et qui ne peuvent laisser personne insensible », a poursuivi l’homme de 55 ans.

« Ce n’est pas une question de position politique »

Évoquant plus particulièrement la situation en Palestine, qu’il a qualifiée de « génocide », Guardiola a affirmé sans détour : « Vous pouvez débattre, mais quand on extermine des milliers d’innocents, cela me bouleverse. Ce n’est pas plus compliqué que cela. »

Le Catalan a aussi rappelé ses engagements antérieurs, notamment envers les réfugiés en Méditerranée. « Depuis des années, j’ouvre mes bras à ceux qui fuient la guerre, ces hommes et femmes qui risquent leur vie en mer pour tenter d’être secourus », a-t-il déclaré.

« Ne vous demandez pas qui a raison ou tort. Sauvez-les. Ce sont des êtres humains. Ensuite, on peut débattre, critiquer ou soutenir. Mais quand des gens meurent, il faut les aider. L’être humain, la vie, c’est tout ce qui compte », a insisté l’ancien entraîneur du FC Barcelone, de retour d’un match amical pour la paix opposant la sélection palestinienne à celle de Catalogne.

Un discours rare dans le monde du football

Dans un univers où les discours convenus dominent et où les intérêts économiques priment souvent sur les valeurs, la franchise de Pep Guardiola détonne. D’autant plus que son club, Manchester City, appartient à la famille royale d’Abu Dhabi, régulièrement épinglée par les organisations de défense des droits humains.

« Ce serait mieux, préférable, génial même, si Guardiola dénonçait Abu Dhabi. Mais il parle de quelque chose. Il parle de la Palestine, du Soudan, de l’ICE, et pour quelqu’un dans sa position de le faire est bienvenu. Le reste n’annule pas cela », écrit le journaliste Nick Miller pour Athletic, en réponse aux accusations d’hypocrisie visant le technicien catalan.

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