Le géant japonais du jeu vidéo a décidé de ralentir la cadence de fabrication de sa dernière console face à des ventes décevantes aux États-Unis et en Europe notamment. Entre prix prohibitifs et absence de blockbuster, ce nouveau produit peine à convaincre le marché après un départ pourtant tonitruant.
Quelques mois à peine après le lancement de la Nintendo Switch 2, le géant japonais se voit contraint de réviser ses ambitions en matière de production. Celle-ci devrait ainsi reculer d’environ 33%, selon des informations relayées par Bloomberg.
En cause : des ventes nettement en deçà des projections initiales, notamment sur les marchés européen et nord-américain durant la période des fêtes. Le président Shintaro Furukawa l’avait lui-même reconnu devant les actionnaires le mois dernier, admettant, d’après le quotidien américain, que les « performances à l’étranger étaient légèrement inférieures aux attentes ».
Signe de ce manque d’élan, l’entreprise, habituellement prompte à revoir à la hausse ses prévisions lors de la publication des résultats du troisième trimestre en février, a cette fois choisi de les maintenir à 19 millions d’unités pour l’exercice fiscal en cours, qui s’achève ce mois-ci.
Le prix, principal facteur de friction ?
Cet objectif paraît prudent au regard de la moyenne avancée par les analystes, autour de 20 millions d’exemplaires, selon Bloomberg. Les causes de ce ralentissement sont diverses, mais toutes semblent converger vers un même point sensible : le prix.
À 450 dollars pour la console seule — et jusqu’à 560 dollars dans certaines configurations bundle —, la Switch 2 se positionne sur un créneau de prix qui exige des arguments convaincants pour séduire les consommateurs.
Or, pour beaucoup de ménages américains et européens déjà sous pression inflationniste sur le logement, l’alimentation et les services essentiels, débourser une telle somme pour une console de jeux vidéo relève d’un arbitrage difficile.
D’autant que les jeux eux-mêmes atteignent désormais des tarifs de 70 à 80 dollars, à l’image de Mario Kart, proposé à 80 dollars dès sa sortie.
Un catalogue en quête d’un hit fédérateur
Les droits de douane, les fluctuations monétaires et les contraintes logistiques sur les marchés extérieurs limitent toute marge de manœuvre de Nintendo pour envisager une baisse des prix, d’autant que la firme établit, faut-il le rappeler, la majorité de sa comptabilité en yen.
Au Japon, la situation est plus favorable, notamment grâce à des sorties porteuses comme Pokémon Legends : Z-A et Kirby Air Riders, deux exclusivités capables de mobiliser le public local.
À l’international, en revanche, la console pâtit d’un manque criant de jeu-étendard, de ce titre capable à lui seul de déclencher une vague d’achats impulsifs. Metroid Prime 4, pourtant présenté comme la figure de proue du catalogue occidental, n’a pu remplir ce rôle.
Le jeu, acclamé par la critique, est resté un titre de niche, loin de l’impact systémique qu’avait eu Breath of the Wild en 2017, une époque où des joueurs achetaient une Switch uniquement pour y jouer à un seul jeu.