Au Mali, société civile et dignitaires religieux contre les appareils politiques

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Avis de tempête dans la classe politique malienne. Un fort vent de changement souffle sur Bamako. Les organisations de la société civile, les intellectuels, les dignitaires religieux, et tous les influenceurs que compte le pays, réclament une véritable alternance au-delà des partis traditionnels qui confisquent le pouvoir depuis les années 1990.

La situation est grave au Mali. Le pays est de facto coupé en deux, le centre et le nord du pays étant contrôlés par des groupes armés djihadistes qui gagnent chaque jour en influence auprès des populations locales. A ce danger de mort, la réponse des autorités est dérisoire. Inexistante. Bien loin du constat d’urgence absolue ressenti par l’immense majorité des Maliens.

Une situation qui explique que les principaux partis maliens, notamment le RPM du président sortant Ibrahim Boubacar Keïta et l’URD de Soumaïla Cissé, peinent aux débauchages individuels et collectifs qui faisaient jusqu’à récemment partie intégrante du jeu politique malien. Cette année, les figures influentes du pays ne veulent pas être associées aux apparatchiks du pouvoir. Pire, ils se mobilisent pour d’autres candidats incarnant une autre approche de la politique.

Une mobilisation des acteurs non-institutionnels qui se porte notamment sur la candidature d’Aliou Diallo, un entrepreneur de 58 ans qui mène depuis plusieurs semaines une campagne acharnée pour le renouvellement politique au Mali, contre la corruption, et qui prône une approche volontariste pour relancer l’économie du pays et lutter contre le chômage de masse qui fait le lit du terrorisme.

Soutenu depuis plusieurs semaines par une vaste plateforme de la société civile, Ensemble pour le Renouveau du Mali (ERE Mali), Aliou Diallo a enregistré ces dernières heures un ralliement aussi important qu’inattendu, celui du très influent Chérif de Nioro. Ce leader religieux modéré est considéré comme la personnalité la plus écoutée du Mali. Il avait soutenu IBK lors du scrutin de 2013.

Une réalité que le candidat Diallo a choisi d’embrasser dans la dernière ligne droite avant la présidentielle. « Lorsque le pays est au bord de l’abîme, il reste des individus comme vous et moi, des intellectuels et autorités spirituelles, qui refusent l’abandon, qui refusent la faillite, et qui ne font que leur devoir : affronter l’adversité et refuser la fatalité », a-t-il affirmé lors de l’un de ses récents meetings.

« Ne nous y trompons pas, le système en place depuis le début des années 90 a peur. Ils ont peur de ceux qui ont un sens moral, ils ont peur de tous ceux qui n’oublient pas les promesses de l’indépendance du Mali à ses filles et à ses fils. Ils ont peur de l’intelligence collective de notre peuple. Ils ont peur en somme de citoyens debout, fiers, qui refusent l’abandon moral de la mauvaise gouvernance. Ils se nourrissent de la faillite collective, ils ne veulent pas voir le peuple reprendre le pouvoir ! », a-t-il poursuivi.

Et de conclure en invitant les Maliens à « inventer ensemble notre seconde indépendance » pour se « libérer d’un système qui a mené notre jeune Etat à la faillite ».

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