La Molisana ainsi que plusieurs autres entreprises italiennes spécialisées craignent de devoir supporter des charges prohibitives dues aux tarifs douaniers sur les importations américaines.
Les amateurs de spaghetti, penne ou macaroni pourraient bientôt être privés de leurs mets favoris outre-Atlantique. En effet, une majorité des grands exportateurs italiens de pâtes alimentaires menacent de retirer leurs articles des étals américains dès janvier 2026.
Cette décision, rendue inévitable selon les industriels, s’explique par la pression des taxes douanières imposées à l’entrée sur le territoire américain. En septembre, l’administration Trump, par le biais du département du Commerce, a notifié une surtaxe atteignant jusqu’à 92% sur les produits de treize entreprises, dont La Molisana et Garofalo.
Selon les autorités américaines, il s’agit d’une riposte anti-dumping visant à préserver la production locale. D’après Washington, certaines marques italiennes vendraient leurs pâtes à un tarif inférieur à celui du marché américain.
« Les fabricants de pâtes ont encore plusieurs mois pour continuer à participer à cet examen avant que cette conclusion préliminaire ne devienne définitive« , a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Kush Desai, à CBS News, précisant que la taxe anti-dumping était encore à l’étude.
Vers une sortie contrainte du marché américain
La perspective d’un désengagement inquiète fortement les sociétés concernées. Combinée à la taxe de 15% déjà appliquée aux importations européennes, cette hausse alourdirait considérablement le fardeau financier des producteurs.
Les analystes estiment que ces surcoûts pourraient entraîner une hausse des prix allant jusqu’à 30% pour les pâtes italiennes importées. « Personne ne dispose d’une telle marge », commente Giuseppe Ferro, directeur général de La Molisana, dans le Wall Street Journal.
Son site de Campobasso, où près de 350 personnes moulent et façonnent chaque jour des dizaines de formats, illustre autant la qualité des traditions italiennes que la fragilité de ses exportations face à la politique protectionniste américaine. « C’est un marché incroyablement important pour nous. Ce serait vraiment dommage qu’il nous soit arraché sans vraie raison », ajoute-t-il, alors que le secteur remet en cause le bien-fondé des arguments avancés par la Maison Blanche.
Des accusations de mesures punitives
« Il ne s’agit pas de dumping. C’est un prétexte pour bloquer les importations« , s’insurge Cosimo Rummo, PDG de Rummo Pasta, l’une des entreprises concernées, face à des mesures décrites comme sans fondement.
C’est un choc pour les industriels, mais aussi pour le gouvernement italien, qui a mobilisé ses diplomates pour sauver près de 770 millions d’euros d’exportations annuelles et, plus encore, défendre une part précieuse du patrimoine national.
Pour des millions d’Américains, déguster une assiette de spaghettis ou de penne ne se résume pas à une simple expérience gustative. C’est l’occasion de s’immerger dans un fragment de culture italienne, de partager un moment convivial autour d’un plat qui évoque la tradition et l’authenticité.