Colin Powell, nouvelle égérie des antivax

L’ancien secrétaire d’État américain décédé le 18 octobre du Covid malgré son statut vaccinal complet, est très vite devenu la caution de ceux qui ne croient guère aux vertus de la vaccination, avec mensonge et mauvaise foi à l’appui

Il s’est sans doute retourné dans sa tombe. Lui qui de son vivant, n’a jamais transigé avec ses convictions malgré ses erreurs évidentes concernant la guerre en Irak. Après tout, qui n’en a jamais fait ? À son corps défendant, Colin Powell est devenu depuis sa mort des suites du Coronavirus, l’argument tout trouvé des antivax. Sur les réseaux sociaux notamment, le cas de l’ancien chef d’État-major de l’armée américaine doublement vacciné fait l’objet de commentaires divers tendant à justifier une présumée défaillance du vaccin. D’autres publications vont jusqu’à alléguer au précieux sérum, une dangerosité pour le patient. La plus virale identifiée par l’AFP, est un post partagé à 500 reprises au moins sur Facebook.

Tout est bon donc pour discréditer le vaccin et ainsi semer le doute dans l’esprit de ceux qui s’y adonnent. Dans le présent cas, la manœuvre s’accompagne d’une omission manifeste concernant l’état de santé de Colin Powell et qui pourrait expliquer selon de nombreux spécialistes de santé, son décès même après avoir reçu les deux doses recommandées.

Démunis

Face au Covid, l’ex-conseiller militaire du président Kennedy partait de loin, de très loin même au regard de sa situation sanitaire. Il souffrait en effet du parkinson, maladie destructrice du système nerveux. Ce qui constituait déjà un handicap majeur dans la lutte contre la pandémie. Mais ce n’est pas tout. Colin Powell passait également pour une cible parfaite pour le virus en raison d’une autre pathologie avec laquelle il était en proie depuis 2019 au moins, à en croire des témoignages. Il s’agit en l’occurrence du myélome multiple qui agit de la même façon qu’un cancer sur les plasmocytes, ces anticorps cruciaux pour la défense de l’organisme contre les agressions. Cette maladie rare – 1,8% des cas de cancers détectés par an outre-Atlantique selon ne New York Times – compromettait grandement les chances de survie de l’ancien militaire face au Coronavirus, de l’avis de plusieurs experts.

C’est dire que même toutes les doses de vaccin de la planète n’auraient pu le sauver des griffes de la pandémie. Mais ça, les sceptiques et autres adeptes du complotisme se sont gardés de le mentionner dans leur croisade contre le sérum anti-Covid, qui faut-il le rappeler, n’a jamais été présenté comme 100% efficace.

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