L’entreprise à l’origine de ChatGPT préférerait temporiser plutôt que de « brader » sa valorisation cible d’un trillion de dollars. Ce choix pourrait avoir été influencé par les difficultés rencontrées par le groupe spatial et d’IA d’Elon Musk à Wall Street.
La saga de l’introduction en Bourse d’OpenAI connaît un nouveau rebondissement. Selon des informations publiées le 25 juin par le New York Times, la société dirigée par Sam Altman envisagerait désormais de reporter son entrée sur les marchés publics, initialement prévue fin 2026, à l’année suivante.
Cette orientation, à laquelle l’entreprise n’a pas officiellement réagi, marque un revirement notable. Il y a encore deux mois, le dirigeant plaidait pour une cotation rapide, allant jusqu’à écarter les réserves de sa directrice financière, Sarah Frier, qui estimait le groupe insuffisamment préparé.
Un dépôt confidentiel effectué le 8 juin avait même été rendu public, dans ce qui s’apparentait à une tentative d’anticiper une fuite. Mais le contexte semble avoir évolué depuis.
Selon le chroniqueur technologique Ed Zitron, invité du podcast Tech Report, les banques chargées de l’opération auraient conclu qu’OpenAI ne pourrait pas atteindre une valorisation de 1 000 milliards de dollars dans les conditions actuelles de marché.
L’effet SpaceX, un signal d’alerte
L’entreprise est pourtant déjà valorisée à environ 765 milliards de dollars avant son éventuelle introduction. Un écart de 270 milliards pouvait sembler atteignable pour un acteur considéré comme central dans l’écosystème mondial de l’intelligence artificielle.
Pour de nombreux observateurs, le facteur déclencheur serait lié à SpaceX. L’introduction en Bourse de la société d’Elon Musk, première d’une série attendue de méga-IPO technologiques, avait permis de lever plus de 85 milliards de dollars et de porter sa valorisation à 2,77 billions.
Cependant, cet engouement initial a rapidement été tempéré. Le cours de l’action a chuté de plus de 225 à 153 dollars en deux semaines, effaçant une part importante des gains et coûtant à Elon Musk son statut de trillionnaire.
Un report qui ne règle pas les fragilités
Pour OpenAI, deux options semblent désormais se dessiner : revoir ses ambitions à la baisse afin de procéder rapidement à une introduction, ou différer l’opération jusqu’en 2027 pour tenter de préserver son objectif de valorisation. Cette seconde hypothèse suscite toutefois le scepticisme des analystes.
Au-delà de la conjoncture boursière, les fondamentaux financiers de l’entreprise pèsent également. En 2025, elle a enregistré une perte nette de 38,5 milliards de dollars pour un chiffre d’affaires de 13,07 milliards.
Au premier trimestre 2026, la perte nette s’élève déjà à 21,3 milliards de dollars, soit plus de la moitié du déficit de l’année précédente en seulement trois mois.
Si les revenus mensuels atteignent environ 2 milliards de dollars, l’entreprise devrait néanmoins brûler près de 14 milliards sur l’ensemble de l’année 2026. À cela s’ajoute un programme d’investissement massif de 600 milliards de dollars dans des infrastructures de centres de données d’ici 2030.