Après plusieurs jours de canicule éprouvante, le centre hospitalier de cette région du centre de la France a cru bien faire en offrant une glace à ses agents pour saluer leur engagement. Erreur, car l’initiative a, au contraire, provoqué le tollé.
Tout a commencé, comme le rapporte le quotidien La Nouvelle République, par un document officiel en apparence anodin. Une note d’information, frappée du logo du centre hospitalier de Chinon (Indre-et-Loire) et signée par la direction des travaux ainsi que celle des ressources techniques et matérielles, est diffusée le jeudi 2 juillet, avec une promesse.
«Afin de marquer notre reconnaissance, la direction du centre hospitalier du Chinonais vous offrira une glace le vendredi 3 juillet 2026», indique notamment le texte, dans une initiative censée apporter un peu de réconfort au personnel en pleine période de forte chaleur.
Les modalités ont même été détaillées avec un formalisme très administratif. Pour les équipes de jour, la distribution doit se faire au self-service entre 11 h 45 et 14 h 15. Pour les équipes de nuit, moins visibles, mais tout aussi exposées, les glaces doivent être apportées directement dans les services.
Une glace vécue comme un affront, sans prime ni climatisation
Au grand dam des salariés, qui y ont vu un geste déplacé. Car en dehors de cette initiative, aucune autre mesure n’a été annoncée pour les quelque 900 agents de l’établissement : ni prime exceptionnelle, ni installation de climatisation, ni même journée de récupération après des semaines de travail dans des conditions éprouvantes.
Les températures ont en effet atteint jusqu’à 39 degrés dans certains bureaux, et oscillaient entre 35 et 37 degrés dans plusieurs chambres de patients. « On voulait de la reconnaissance et on a eu un Mr Freeze », dénoncent les syndicats sur une affiche relayée par La Nouvelle République.
« On nous a même pas amené de brumisateur, de verre d’eau, rien. Même les bouteilles d’eau étaient réservées uniquement aux patients », fulmine une ancienne soignante devenue assistante administrative, toujours citée par le quotidien régional.
La direction tente d’éteindre la polémique
Face à la polémique, la directrice de l’hôpital s’est expliquée. Selon elle, l’initiative fait suite à une demande formulée par plusieurs soignants eux-mêmes, lors d’une réunion de crise organisée quelques jours plus tôt.
« Nous y avons répondu favorablement », a-t-elle assuré, annonçant la commande d’une soixantaine de ventilateurs supplémentaires pour équiper l’établissement. Cela n’a pas suffi à apaiser la colère du personnel qui dénonce depuis quelque temps, des « conditions de travail dégradées ».
Un mouvement de grève illimitée a d’ailleurs été lancé pour toute la durée de l’été à partir du jeudi 9 juillet, après une première mobilisation organisée le vendredi 3 juillet.