Tulsi Gabbard quitte son poste afin de s’occuper de son époux fraîchement diagnostiqué d’un cancer. Son départ met fin à son isolement croissant au sein de l’administration Trump.
« Je ne peux en conscience lui demander d’affronter ce combat seul alors que je continue dans cette fonction exigeante et chronophage« . Tulsi Gabbard a annoncé, vendredi 22 mai, sa démission du poste de directrice du Renseignement national (DNI).
Dans une lettre adressée à Donald Trump, l’ancienne élue démocrate, devenue figure du second mandat républicain, explique vouloir se consacrer pleinement à son mari, Abraham Williams, récemment diagnostiqué d’une forme très rare de cancer des os.
« Il va faire face à des défis majeurs dans les semaines et les mois à venir. A cette heure, je dois me retirer du service public et me tenir à ses côtés et pleinement le soutenir dans ce combat », écrit-elle, tout en remerciant le président pour la confiance qu’il lui a accordée.
Ce dernier lui a plus tard rendu la pareille en saluant sur son réseau social Truth Social, « l’excellent travail accompli » par sa désormais ex-collaboratrice. Il a annoncé que le directeur adjoint principal, Aaron Lucas, assurera l’intérim à la tête du Renseignement national.
Une position de plus en plus fragilisée
Ce départ apparaît d’une certaine façon comme une libération pour Gabbard progressivement mise à l’écart des décisions clés à Washington, qu’il s’agisse de l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro ou de l’intervention militaire en Iran.
Vétérane de la Garde nationale ayant servi au Moyen-Orient, l’ancienne membre du Congrès avait construit sa carrière politique sur une ligne anti-interventionniste. Elle affirmait ainsi durant la campagne présidentielle de 2024, qu’un vote pour Trump signifiait un vote contre l’engagement dans des conflits étrangers, critiquant vivement l’administration Biden sur ce terrain.
Cette position l’a placée en porte-à-faux avec l’évolution de la politique étrangère de l’administration Trump. Jeff Mason, correspondant de Bloomberg à la Maison-Blanche, souligne que son absence des réunions et conférences de presse consacrées au dossier iranien constituait un signal révélateur.
Une série de départs féminins qui interroge
« Le DNI devrait normalement participer à ce type de discussions, puisque les agences qui lui sont rattachées fournissent des renseignements au Pentagone et à la Maison-Blanche sur la guerre« , explique le journaliste.
Tulsi Gabbard devient la quatrième femme de haut rang à quitter le cabinet présidentiel en l’espace de quelques mois, après Pam Bondi du département de la justice, Kristi Noem de la sécurité intérieure et Lori Chavez-DeRemer du ministère du Travail.
Cette succession de départs rappelle le fort renouvellement des équipes observé lors du premier mandat de Donald Trump. Kristen Welker, présentatrice de l’émission « Meet the Press » sur NBC News, souligne d’ailleurs que, jusqu’à récemment, le niveau de rotation restait plus limité que lors de la précédente présidence.