Le président russe aurait renforcé ses mesures de sécurité depuis quelques mois, par crainte d’une menace visant sa personne ou la stabilité de son régime.
Le maître du Kremlin, longtemps présenté comme une figure de contrôle absolu et d’autorité inébranlable, évoluerait désormais dans un climat de vigilance accrue.
Selon un rapport confidentiel compilé par une agence de renseignement européenne et consulté par le Financial Times (FT), Vladimir Poutine ferait l’objet, depuis début mars 2026, de mesures de protection d’une rigueur exceptionnelle.
Des dispositifs de surveillance électronique auraient ainsi été installés dans les domiciles privés de membres du personnel du Kremlin — cuisiniers, gardes du corps, photographes — en contact direct avec le président.
Ces mêmes employés se verraient interdire l’usage des transports en commun. Les visiteurs du Kremlin seraient désormais soumis à un double contrôle de sécurité, tandis que les collaborateurs proches ne pourraient utiliser que des téléphones sans connexion à internet.
Un dispositif anti-drones déployé à Moscou
Parallèlement, les déplacements du président auraient été fortement restreints. Vladimir Poutine et ses proches auraient cessé de fréquenter leurs résidences habituelles aux abords de Moscou, ainsi que leur datcha estivale.
Plus révélateur encore, le chef de l’État russe n’aurait visité aucune installation militaire depuis le début de l’année 2026, une rupture notable avec ses habitudes passées. Le Kremlin privilégierait désormais des interventions préenregistrées, tandis que le président passerait davantage de temps dans des infrastructures souterraines, selon le document cité par le Financial Times.
Ce dispositif témoigne du niveau d’inquiétude au sein de l’appareil sécuritaire russe, qui redouterait notamment un coup d’État ou une tentative d’assassinat par drone en provenance de l’Ukraine. Toujours selon le quotidien britannique, l’opération ukrainienne baptisée « toile d’araignée » aurait profondément marqué les cercles dirigeants à Moscou l’an dernier.
Les frappes menées par Kiev avaient notamment atteint des bases aériennes russes situées au-delà du cercle arctique, constituant l’une des attaques de drones les plus significatives jamais menées contre des installations militaires en territoire russe.
Des signes de mécontentement public
L’enlèvement du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro par les États-Unis en janvier aurait encore renforcé les préoccupations sécuritaires, poussant le Service fédéral de protection (FSO), chargé de la sécurité des hauts dirigeants, à durcir davantage les mesures entourant Vladimir Poutine.
Ces révélations interviennent dans un contexte stratégique délicat pour la Russie. La guerre en Ukraine s’enlise, l’économie subit une pression accrue, et des signes de mécontentement émergent au sein de la population, une situation inédite depuis plusieurs années.
Le Financial Times indique que, selon plusieurs instituts de sondage, publics et indépendants, la popularité du président russe est tombée à son plus bas niveau depuis l’automne 2022. Dans ce contexte, le défilé du 9 mai sur la place Rouge s’est tenu sans colonne de véhicules militaires, qu’ils soient lourds ou légers.
Une première depuis la réintroduction de ces unités mécanisées en 2008, justifiée par le ministère de la Défense par la « situation opérationnelle actuelle ».