Cinéma : Imax, l’écran qui vaut de l’or

Cette technologie de tournage et de projection hors norme bénéficie d’une exposition sans précédent avec la sortie de L’Odyssée, le dernier long métrage de Christopher Nolan.

« Nous avons ouvert les ventes jusqu’au 1er septembre pour répondre à la demande exceptionnelle. » Ces propos de Laure de Boissard, directrice générale de Pathé Cinémas France, exploitante du Pathé Odysseum, en disent long, dans Les Échos, sur l’engouement pour le précieux sésame de ce cinéma montpelliérain.

Il s’agit, pour ceux qui l’ignoraient, de la seule salle capable de projeter un film en Imax 70 mm, le Saint Graal de l’expérience cinématographique. Cela tombe à pic, car c’est précisément dans ce format que le cinéaste a choisi de tourner L’Odyssée, adaptation du poème d’Homère vieux de près de trois millénaires.

Une première mondiale qui aura nécessité deux ans de développement technique, selon The Hollywood Reporter, auteur d’un documentaire sur les coulisses de cette prouesse.

L’un des défis consistait à utiliser les caméras Imax 70 mm — qui pèsent entre 136 et 181 kg et font défiler plus de 103 mètres de pellicule à la minute — pour capter du son synchronisé sur les scènes dialoguées.

Une ingénierie minutieuse

Pour y parvenir, l’équipe a eu recours à un caisson insonorisé, encore appelé « blimp », capable de loger l’appareil tout en préservant sa mobilité. S’en est suivie l’installation, par le chef opérateur Hoyte van Hoytema, de miroirs permettant aux comédiens de se regarder dans les yeux durant les prises, malgré l’obstacle de la caméra enfermée dans son caisson.

Le projectionniste s’est par ailleurs employé à empêcher que la poussière ne s’incruste en permanence sur la vitre contre laquelle la bande Imax était plaquée afin de rester stable lors de la projection. Bref, ce fut à chaque fois un véritable travail d’orfèvre.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le jeu en valait la chandelle. Le résultat offre des images époustouflantes, sans équivalent dans l’univers du septième art. « Si vous n’allez pas voir L’Odyssée en Imax, vous ne voyez pas le film tel que Chris Nolan l’a imaginé », assure ainsi à Variety Richard Gelfond, PDG d’Imax.

Un modèle économique qui rapporte

De fait, toute la filière se frotte les mains devant des fréquentations qui explosent depuis que le long métrage est à l’affiche. Pour les quelque 1 800 salles dans le monde, dont 38 en France, équipées de ce dispositif, c’est le jackpot, à l’heure où le public boude de plus en plus le grand écran au profit du streaming.

Les Échos rapportent ainsi que l’œuvre a enregistré 20% de son box-office dès la première semaine grâce à ce seul format. Peu importe, finalement, si le prix des places flambe. Parallèlement, Imax se fait rémunérer à chaque étape.

En effet, les exploitants louent et installent leur matériel, dont l’entretien est confié à l’entreprise canadienne. Celle-ci impose ses standards techniques et perçoit des royalties sur l’usage de sa marque. Rien que cette maintenance représente 60 millions de dollars annuels, avec des marges opérationnelles confortables, d’après le quotidien économique français.

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