Guerre américaine en Iran : la vérité des chiffres

L’administration américaine ne serait pas tout à fait transparente au sujet des pertes humaines enregistrées dans le cadre de son offensive militaire contre le régime de Téhéran.

Combien d’Américains ont perdu la vie en lien avec la guerre en cours en Iran ? La réponse, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, dépend de la personne à qui la question est posée.

Dans sa base de données dédiée — le Defense Casualty Analysis System (DCAS) —, le Pentagone fait état de 18 décès au 18 septembre 2026. Ce bilan serait toutefois loin de refléter la réalité, à en croire de hauts responsables au fait des données internes du département de la Défense, interrogés par le Washington Post.

Cinq de ces responsables ont indiqué qu’au moins 22 militaires avaient été tués, soit quatre de plus que le nombre inscrit dans le DCAS. Le sixième a, lui, évoqué 23 militaires américains morts depuis le début des hostilités entre les États-Unis, Israël et l’Iran, le 28 février.

Si tous les décès non divulgués ne seraient pas, selon cette même source, directement liés à la guerre contre l’Iran, ils concerneraient bien des personnels américains déployés au Moyen-Orient dans le contexte de l’offensive en cours.

Des morts passées sous silence

Le responsable a également déclaré que trois sous-traitants américains basés dans la région étaient morts depuis le début des opérations.

Parmi les décès recensés dans le DCAS et consultés par le Washington Post, 14 sont répertoriés comme étant survenus dans le cadre de l’opération Epic Fury, tandis que quatre autres figurent dans une catégorie distincte, intitulée « opérations à l’étranger ».

Ces quatre décès ont été ajoutés aux pertes enregistrées à partir du 7 juillet, période durant laquelle Washington et Téhéran avaient conclu une trêve. Celle-ci s’est ensuite effondrée, entraînant une reprise des hostilités.

Par ailleurs, le Pentagone a déclaré que, depuis février, deux militaires américains étaient morts au Moyen-Orient alors qu’ils participaient à des missions sans lien avec la guerre contre l’Iran. Ces décès, survenus sur des bases attaquées par les forces iraniennes, ne figurent pas non plus dans la base de données du Pentagone.

Une opacité qui suscite des frustrations

Cette opacité a de quoi frustrer de nombreux responsables militaires. Au-delà de priver de reconnaissance des soldats morts dans le cadre de la défense de leur pays, elle pourrait également avoir des conséquences financières sur les droits que les familles des personnes concernées seraient susceptibles de faire valoir.

Face à ces révélations, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a botté en touche, vouant le journal aux gémonies. « Honte au Washington Post. Ils sont pires que les médias d’État iraniens », a-t-il écrit sur X, alors que le coût de la guerre contre l’Iran apparaît, selon de nombreux experts, de moins en moins soutenable à long terme pour les États-Unis.

D’après des chiffres rapportés par l’Associated Press, une estimation du Commandement central américain — le Centcom — évaluait le coût du conflit à 43,6 milliards de dollars au 3 septembre.

Cela représente une hausse de 5,6 milliards de dollars par rapport à une évaluation antérieure, les dépenses d’armement expliquant une large part de cette augmentation.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.