Au Québec, les indépendantistes veulent rallumer la flamme

Le nouveau premier ministre Paul St-Pierre Plamondon promet de faire de la province francophone un État à part entière. Un projet pas si simple à réaliser.

Plus de trois décennies après l’occasion manquée du deuxième référendum sur la souveraineté du Québec — lors duquel il avait voté oui —, Paul St-Pierre Plamondon pourrait-il prendre sa revanche ?

Le nouveau chef du gouvernement québécois compte en tout cas tenter le pari de sortir la province du Canada pour en faire un État indépendant, par une consultation populaire, conformément à sa promesse de campagne.

« Nous n’oublierons pas notre engagement à consulter les Québécois sur leur avenir. À quoi bon faire de la politique si l’on ne peut pas regarder les gens dans les yeux et leur dire que nous croyons que c’est dans l’intérêt du Québec et que c’est nécessaire pour notre avenir collectif ? », a déclaré cet ancien avocat de 49 ans, porté par les indépendantistes du Parti québécois (PQ), en marge de son discours de victoire, lundi 5 octobre.

Pour l’ex-pensionnaire de l’Université McGill et de l’Université d’Oxford, il s’agit de se donner les moyens d’exister « comme nation et décider par nous-mêmes tout comme les 200 autres pays dans le monde ».

Les mêmes griefs qui reviennent

Il accuse notamment l’administration fédérale d’engager les ressources de la province dans des « dépenses frivoles », à l’image du projet de train à grande vitesse entre Toronto et Québec, estimé à 100 milliards de dollars canadiens, soit 70,3 milliards de dollars américains.

« C’est un gaspillage énorme et ça fait partie intégrante de tous ces problèmes qui ne changent pas au Québec, comme l’état de nos routes, le sous-financement de la santé et un fardeau fiscal qui demeure très élevé », tranche le dirigeant.

« Demeurer dans le Canada, c’est consentir à du gaspillage. C’est aussi accepter notre recul linguistique et culturel », ajoute encore celui dont le parti promet l’organisation d’un référendum après le départ de Donald Trump du pouvoir aux États-Unis, en 2029, afin que les relations notoirement mauvaises entre Washington et Ottawa ne parasitent pas cette consultation.

Un pari pour le moins audacieux

Reste que le projet est particulièrement audacieux. Pour cause, le PQ est contraint de former un gouvernement minoritaire, n’ayant obtenu qu’environ 28% des voix et 59 sièges sur les 127 de l’Assemblée nationale du Québec.

« Le PQ aura besoin du soutien de l’opposition pour faire adopter chaque budget », analyse Jimmy Jean, économiste en chef du Mouvement Desjardins, pour Bloomberg. Par ailleurs, environ 70% des habitants du Québec s’opposent à une rupture avec le Canada, toujours selon le média américain.

Pas de quoi émousser la détermination de Paul St-Pierre Plamondon, qui déclare : « Nous serons un gouvernement au caractère unique : un gouvernement qui dit les choses telles qu’elles sont, qui s’exprime avec beaucoup de franchise et d’authenticité, et qui a le courage de prendre l’initiative et d’apporter des changements, quel que soit le sondage du jour ».

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